__Il est arrivé, dans le matin gris et froid d'un jour d'automne. Il s'est assis sur un vieux banc de bois. Sa canne posée à côté de lui, son béret sur la tête ; un air serein flottait sur son visage. Il regarda les gens passer devant lui, les détaillant sans les juger ; ces gens indifférents à ce vieil homme sur un banc.
__Au fil des heures, les nuages ont peu à peu cédé leurs places au pâle soleil d'octobre. De ses rayons tièdes, il réchauffa ce corps immobile et patient déjà refroidi par la vieillesse. Un voile sembla voiler les yeux de l'aïeul quand il vit un jeune couple passer devant lui en se tenant la main, un grand sourire accroché à leur lèvres. Sans doutes quelques souvenir de sa jeunesse lui sont revenus en mémoire.
__Sa patience semblait laisser croire qu'il attendait quelque chose, ou quelqu'un ; mais jamais personne ne s'est arrêté pour saluer l'ancien, personne n'avait jamais jeté plus qu'un regard de pitié sur ses vêtements modestes et son béret sale et difforme, témoin d'une longue vie.
__Le soleil descendit lentement derrière les immeubles, projetant de grandes ombres froides sur le sol. Dans le lointain, une église sonna cinq heures. Comme s'il n'avait attendu que ça pendant la journée qu'il a passée sur ce banc, l'homme ce leva et repartit doucement, comme il était venu le matin.
__Ce n'était qu'un vieil homme serein, qui occupait sa journée en regardant les gens qui passaient devant lui sans le voir, les détaillant, imaginant leurs vies et leurs occupations.
__Ce n'était qu'un vieil homme seul, en manque de compagnie, qui venait tous les jours sur ce banc en espérant que quelqu'un vienne le voir, lui parler, lui raconter sa vie, lui demander des conseils pour son avenir, n'importe quoi qui puisse briser le plus grand poids de l'âge : la solitude.
__Malgré cet étau resserré autour de son c½ur, cet homme ne s'était pas découragé et faisais à présent parti du paysage, ajoutant une touche d'humanité à ce décors morne et triste ; apprenant au monde la dignité que la vie nous donne et que l'on bafoue trop souvent, enseignant que la solitude n'est rien si l'espoir de la rencontre est là, défiant la terre entière de dire que la Mort ne rime pas avec sérénité.
Alors ce texte, j'avais juste envie de l'écrire. Parce qu'observer les gen ça me permet de m'échapper. Quand je l'ai écrit, j'avais l'impression de m'envoler, d'être en dehors du temps. J'avais l'impression que mon stylo avançait tout seul sur le papier pour encré des sentiments que je n'aurais jamais pensé écrire. Ce genre de texte, où rien ne se passe, ça paraît chiant, si vous en lisez un vous préférez direct fermer le bouquin et vous enfuir dans vos jeux vidéo. J'ai été comme ça aussi, mais se laisser porter par la sérénité de ce court texte, ça fait tellement du bien.
pix: le banc...
playlist : Nightwish- The Islander